Né en 1959 dans le Maine et Loire, je vis aujourd’hui à Paris où a eu lieu ma véritable rencontre avec la peinture, au travers des ateliers des beaux-arts de la ville. Je m’inscris pour la première fois en 1995 et travaille aujourd’hui encore dans différents ateliers, où la rencontre avec de nombreux professeurs m’a entraîné dans le monde de la composition et des couleurs.Sensible au modèle vivant, le nu sera très tôt le fil conducteur de ma recherche. Les nombreux croquis et esquisses me conduisent en 1999 , à une démarche minimaliste esthétique, dans des tons bruns et chairs, nécessitant des grands formats, où je me laisse guider par le modèle et la relation à soi.
«Par la rapidité d’un premier coup d’œil, nous pourrions croire que toutes mes toiles sont abstraites. Il n’en est rien, car des contours au tracé énergique laissent imaginer des formes animales et humaines, qui sont autant d’interventions voluptueuses à l’écriture d’un corps qui s’ignore. » (1)Avec le nu comme témoin et par la rapidité que me permettent l’acrylique et l’oubli de soi, je tente le geste libre de retrouver une émotion au plus près du corps qui se nourrit de la sensation.Après avoir effectué un travail pictural sur notre enveloppe corporelle, il m’a semblé évident d’approfondir ma recherche sur les instants les plus proches de cette scène où nous n’étions pas.Mon travail sur les toiles tendues sur bambou est la genèse de ce fil d’Ariane.
« Nous transportons avec nous le trouble de notre conception » (2) , et il me semble important de mettre en peinture ces moments qui nous firent, sur des formats encore plus grands, de manière à contraindre au minimum le geste et l’espace d’introspection..
La série de toiles que j’effectue actuellement à partir de clichés radiographiques ne se détache en rien du sujet qui me préoccupe . Si elle s’apparente plus à un exercice de style, elle rejoint par son côté vivant et mystérieux la transition du corps concept, à la conception si proche du magique et de la révélation. Si de nombreux passages obligés m’ont permis d’accéder à cette sensation au coeur du modèle vivant , aujourd’hui je me sens comme « vampirisé » par cette idée du trouble de notre origineCe voyage au cœur de notre conception ne peut nous laisser indifférent tant il est lié à notre fascination pour l’incompréhensible,et la perception de cet angle mort du langage , ne fait que rajouter à la sélection qu’opère le corps dans sa réalité propre
« Ce à quoi la mort toute proche dans ce fractal aléatoire ne répond que par une sélection hasardeuse et aléatoire de la reproduction sexuée. » (3)
Dans ces échanges faits de chair et de sang se fluidifie la conception organique magique, de l’être que nous sommes.Au carrefour de cet acte, l’animal nous renvoie à l’humanité tout entière et nous questionne au-delà et en deçà des apparences pour nous permettre enfin de reconnaître notre propre identité.De la transparence « chair et sang » aux à plats « terre et cendres » La révélation dans ces aspects les plus sauvages, primitifs,l’abandon charnel à l’autre, pour l’autre et sans l’autre.
« Quand la mort contemple la vie… » Une thématique sans doute paradoxale, mais si proche de nous.